Bulletin : "LBO : que cache ce sigle ?"

dimanche 1er janvier 2006
par  Collectif LBO
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COLLECTIF LBO - http://www.collectif-lbo.org
« s’attaquer aux causes des problèmes économiques d’aujourd’hui »

L.B.O. : QUE CACHE CE SIGLE ?

LBO : rachat d’entreprise à crédit
Les rachats d’entreprises à crédit concernent déjà 1600 entreprises et plus de 800 000 salariés en France .

Notre direction emprunte mais c’est nous les salariés, qui payons la dette !
-  La Holding défint la stratégie de l’entreprise (flèche descendante)
-  Tous les dividendes générés par la société cible sont remontés à la holding, pour rembourser la dette.

Objectif de l’opération :

1- dégager un maximum d’argent pour les actionnaires en très peu de temps,
2- puis revendre votre société à d’autres rapaces de la finance.

Le rendement de l’opération est généralement d’au moins 25% par an, soit un doublement voire un triplement (ou plus) de la mise de départ en quelques années.

Mais d’où provient donc cette rentabilité hors norme ?
Par la combinaison de trois facteurs : investissement minimum, endettement important, profitabilité maximum.

Investissement minimum
Les nouveaux actionnaires ne payent pas la totalité du prix d’achat de l’entreprise.
Ils n’apportent en fait qu’une petite partie du capital, au sein d’une société écran dite holding

Endettement important
La holding financière ainsi créée, s’endette fortement auprès d’établissements financiers (banques, fonds spécialisés, etc.) afin de compléter la mise des nouveaux actionnaires pour avoir suffisamment d’argent pour acheter l’entreprise vendue.

Profitabilité maximum
Pour rembourser sa dette, la holding prélève tous les bénéfices réalisés par l’entreprise.
Plus les fonds propres initiaux sont bas, plus le retour sur investissement est important.
C’est le levier financier du LBO.

Prenons un exemple simple

Valeur d’achat de l’entreprise : 100 M€
Fonds propres : 20 M€
Emprunt bancaire : 80 M€ sur 8 ans, au taux fixe de 4%
Remontée de dividendes moyenne : 8 M€ par an (intérêts déduits)

- 8 M€ de dividendes remontés chaque année, équivaut à une rentabilité financière annuellede 40 % (8 M€ / 20 M€).

- si les actionnaires cèdent l’affaire au bout de 5 ans, ils auront triplé leur mise de départ et le levier sera de 3 (à valeur d’entreprise constante ; ici 100 M€).

- si la valeur de l’entreprise est passée à 200 M€ au bout de 5 ans, le levier sera alors de 8.
La spéculation et la concurrence actuelle conduisent à surestimer la valeur des entreprises bien au delà de leurs valeurs comptables.

Quelles conséquences pour l’entreprise et les salariés ?

Les conséquences de ces opérations sont très préjudiciables aux salariés et aux entreprises,
car la politique économique va être de dégager d’énormes bénéfices,
grâce à la collaboration de quelques cadres dirigeants :

- arrêt ou limitation au minimum des investissements
- restructurations, réorganisations, rationalisations des achats et des cadences de production
- diminution de la masse salariale (licenciements, limitations ou gel des augmentations)
- précarisation du statut des salariés (Intérimaires, CDD, sous-traitance)
- recherche de l’augmentation très substantielle du chiffre d’affaires si possible
- revente de biens immobiliers (siège, usines, entrepôts)
- élimination des syndicats revendicatifs

L’Objectif du LBO : dès le départ, préparer l’entreprise à la revente.
Plusieurs possibilités sont offertes après un LBO : un nouvel LBO, le rachat par un concurrent, une entrée en bourse OU pourquoi pas une bonne petite délocalisation comme les financiers les aiment tant !

La propagande des directions
La diffusion d’information dans l’entreprise est toujours savamment orchestrée pour convaincre les salariés du bien fondé des restructurations
(sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise et de ses emplois, menace de délocalisation voire d’une vente : ce qui est un comble quand on sait que la vente est l’objectif final des spéculateurs dès l’achat !)

Le but est d’abord d’éviter tous les risques sociaux découlant d’une prise de conscience collective des travailleurs, car cela amoindrirait la valorisation financière de l’opération !

Ne nous y trompons pas !
Spéculateurs et dirigeants travaillent main dans la main durant toute l’opération LBO,
afin de pressurer l’entreprise et ses salariés au maximum, avec les graves conséquences sociales que l’on connaît.
Ils ont en effet le même intérêt financier dans l’affaire, car tous ont investi et se partageront le gâteau en fin d’opération.

Pour réagir face à ce nouveau péril,des militants de la CGT ont décidé de mettre en commun leurs expériences au sein d’un collectif de lutte contre les LBO.

Le COLLECTIF LBO a pour objet d’informer les salariés concernés et leur faire prendre conscience du véritable enjeu de ces opérations catastrophiques pour l’emploi, la pérennité des entreprises mais aussi en termes industriel, social, économique et politique.

Le COLLECTIF LBO appelle les salariés à s’organiser collectivement au sein de leurs syndicats contre ces financiers peu scrupuleux


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