Patrons piégés, capitalistes menacés ? Une solution : la démocratisation !

jeudi 1er janvier 2009
par  Collectif LBO
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Patrons piégés, capitalistes menacés ? Une solution : la démocratisation !

Dans toutes les périodes d’importants déséquilibres et de fortes instabilités, se pose la question du risque : risque d’explosion sociale, d’insurrections, voire de révolutions ; avec le danger d’une remise en cause rapide de l’ordre établi dont l’issue est toujours imprévisible.

Incontestablement, le nombre de foyers de crises est en forte progression. Les risques d’explosions sociales et leur contagion rapide notamment au niveau paneuropéen ne sont pas à exclure car le fonctionnement de l’Europe et des états qui la composent, manifestement anti-démocratique, conduisent les peuples à contester et à se révolter.

Cette crise est radicalement différente des précédentes. Elle touche l’ensemble de la population et pas seulement les plus démunis.

Certains patrons piégés par les mécaniques financières avaient déjà pris conscience des impasses du système, tout comme la classe moyenne.

Ce qui est nouveau, c’est l’appréciation que peuvent porter les cadres sur les syndicats dont ils jugent, probablement à juste titre, certains modes de fonctionnement trop corporatistes et inadaptés aux enjeux actuels : simple manque d’ambitions ou seul souci de préserver des postes de permanents et des ressources financières ?

Coluche disait : “ la dictature, c’est ferme ta gueule ! la démocratie, c’est cause toujours tu m’intéresses !"

Cela n’est pas acceptable pour des relations entre confédérations syndicales et syndicats de base. Le nombre de syndicalistes et de syndiqués de très grande qualité dont la France dispose est une force dont les organisations syndicales n’estiment pas suffisamment la capacité d’initiatives d’envergure.

L’action syndicale ne peut se réduire à des batailles locales, à de beaux discours et à quelques journées de grèves sporadiques. Ces luttes doivent davantage être mises en cohérence entre elles par des actions convergentes, afin de permettre l’émergence de véritables rapports de force au niveau des nations.

Au delà de ces constats, force est de reconnaître que les mouvements lycéens de décembre illustrent le désespoir de toute une génération. Nombre d’entre eux considèrent que l’humanité court à sa perte. Mais, beaucoup plus grave encore, ces adolescents désabusés considèrent tout changement impossible.

Derrière la crise financière, se pose donc moins la définition du projet de société que les conditions pour sa mise en œuvre. Les mouvements d’éducation populaire ont incontestablement un rôle déterminant à jouer pour expliquer la situation.

Comment répondre aujourd’hui aux urgences et comment envisager le long terme, en matière économique, sociale et environnementale, alors que ces 30 dernières années de mondialisation financière ont conduit à des reculs démocratiques considérables qui nous empêchent aujourd’hui de décider de notre avenir ?

Deux erreurs historiques majeures sont à considérer : l’adhésion des Etats aux principes d’une “ libre circulation des capitaux ” et d’une “ concurrence libre et non faussée ”, principes dits de liberté soi-disant au bénéfice des consommateurs mais qui aliènent en réalité les salariés et nuisent aux citoyens, faisant de la finance une fin en soi et non plus un moyen au service des hommes.

Nous devons donc nous affranchir rapidement de ce système qui a transformé tout projet collectif pérenne en une somme élitiste d’intérêts particuliers ou corporatistes. La mondialisation financière continuera à produire des dégâts si nous ne décidons pas d’y mettre fin ensemble !

La tâche la plus difficile consistera à convaincre nos concitoyens, dont les plus jeunes d’entre eux, qu’une autre voie est possible, afin que 2009 puisse marquer le démarrage de la reconstruction d’une société plus juste !

Dans une telle situation, l’unité nationale pourrait effectivement s’imposer, mais certainement pas sur la base de la poursuite des réformes engagées, ni par l’adhésion plus ou moins tacite de partis politiques à l’idéologie néolibérale qui nous conduit à la catastrophe.

La convergence des forces progressistes, démocratiques et républicaines dans le cadre des élections européennes de 2009 doit s’accélérer, avec le souci d’expliquer encore davantage les dangers de l’idéologie néolibérale, notamment aux électeurs abusés par le marketing politique de Nicolas SARKOZY ; à cet égard, leur soutien à la candidature OBAMA marque une rupture avec le BUSHISME assumé du président de la république.

La démocratisation de nos entreprises, de nos institutions mais aussi de nos banques doit être notre priorité. C’est en leur sein qu’une partie des réponses aux questions sociales, économiques et environnementales se trouvent.

Des initiatives dans le sens de la démocratisation de notre Société doivent être soutenues, notamment par les régions. C’est au peuple de redonner sa vraie valeur au syndicalisme, à la politique, à l’action publique.

Le temps dont nous disposons est compté : 2009 sera l’année de tous les dangers !

Mais force est de constater que cette crise financière constitue également un véritable espoir pour tous les peuples, aspirant à la coopération plutôt qu’à la concurrence dont la forme paroxysmique reste la guerre.

Le Collectif LBO continuera d’œuvrer dans le sens de cette transformation de notre société, en particulier par la mise en place de nouvelles convergences.

Autant pour les capitalistes la démocratisation était jusqu’à récemment considérée comme le problème, autant pour les plus éclairés d’entre eux la démocratisation pourrait bien s’avérer être la solution pour tous. A chacun de prendre ses responsabilités !


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